Paris : Wolf Vostell, « Endogen Depression »…

#Paris

La Galerie Anne de Villepoix, Paris 3e, suggère de (re)découvrir une version de l’installation « Endogen Depression » ou « Dépression Endogène » de l’artiste d’origine allemande, Wolf Vostell. Une exposition aménagée autour d’une quarantaine d’objets issus du mobilier contemporain et de téléviseurs partiellement recouverts de béton.

 

Wolf Vostell. Installation "Endogen Depression", jusqu'au 1er novembre 2014 à la Galerie Anne de Villepoix, Paris 3e. (DR)

Installation « Endogen Depression » de Wolf Vostell, jusqu’au 1er novembre 2014 à la Galerie Anne de Villepoix, Paris 3e. (DR)

 

 

 «J’ai été le premier artiste à intégrer un téléviseur dans une œuvre d’art, en 1958»

 

Dès les années 50, Wolf Vostell s’est attaché à faire apparaître, «à rendre visible», le processus de la pensée humaine pour inclure dans l’objet d’art la production et les démarches d’autres personnes, en l’occurrence un documentaire live produit par la télé. Père fondateur du concept de «dé-coll/age» soit le détournement d’images à partir de l’actualité, Wolf Vostell présente pour la première fois Endogen Depression en 1975 au Musée d’Art de Hanovre, en Allemagne. Vostell est considéré comme un pionnier dans l’art d’avoir fait des camps d’extermination, un thème de recherche fétiche à l’ensemble de son oeuvre. A l’origine, volailles (ou chiens en fonction des expos) déambulaient au hasard de cette étrange mise en scène. L’intensité de perception d’Endogen Depression, autrement dit, la violence de son interprétation, varie en fonction du lieu d’exposition et de l’époque. L’installation regroupe à ce jour, selon les experts, neuf différentes versions.

«Mon assemblage avec un téléviseur brouillé, intitulé DeutscherAusblick, était en avance sur les manipulations artistiques propres au médium et à la vidéo. C’est aussi la première œuvre d’art de l’histoire à comporter des éléments en référence à l’année 1958, références tant télévisuelles que composées par moi, et réunies dans le même objet. Il présentait les informations comme un ensemble associé à la gestuelle artistique personnelle, en une juxtaposition de vie et de nature morte».

 

«Porter des coups ou ça fait mal»

 

Parmi les installations de l’artiste au coeur de l’exposition, une image du Christ juxtaposée au visage de la mère de l’artiste. Au-delà d’une provocation, d’une attente de réaction spontanée de la part du visiteur, Vostell travaillait également avec des neurologues pour réfléchir à une technique qui permettrait de «lier directement l’écran de télévision aux ondes du cerveau, sans caméra et sans I’intervention de quelque interprète». Ici, il s’agit de rendre visible le processus de la pensée humaine sous forme d’ «un documentaire sur la production esthétique telle qu’elle s’élabore dans le cerveau».

Une «démarche» amorçant une révolution en matière d’art conceptuel: «la Télévision Psycho esthétique de Vostell». En 1969, Wolf Vostell construit «un autre environnement de 20 téléviseurs», Sauterelles, où le spectateur intégré à l’environnement par l’entremise de 20 écrans et d’une caméra vidéo produisait «un autoportrait électronique associé à des objets sélectionnés par l’artiste».

 

Précurseur du «Selfie»

 

Co-fondateur du mouvement Fluxus, Wolf Vostell compte également parmi les papes du «Happening» (60s) en collaborant avec de nombreux performers internationaux comme Allan Kaprow, Alison Knowles, George Maciunas, Dick Higgins ou encore Nam Juin Paik. Par ailleurs, Wolf Vostell était membre de «NON!», un mouvement alternatif new-yorkais en lutte contre la commercialisation de l’art. Une insurrection exprimée par le biais de performances où seule l’expérience de l’œuvre prime, non sa valeur monétaire. «V40», une série d’estampes également présentées dans le cadre de cette exposition, relate l’époque des fameux «happenings satiriques», initiés par Vostell.

En 1976, lors de son premier happening espagnol, Detras del arbol, «chaque participant apprenait la technique vidéo et devait réaliser un documentaire vidéo sur lui-même en tant qu’acteur des actions en cours de réalisation». Autrement dit, le caméraman devenait inutile. «Savoir tourner un documentaire sur soi-même, de manière authentique, est le sommet de l’art électronique», avait alors confié l’artiste.

 

Marion Calviera

#PAM 2014

 

© Wolf Vostell (1932-1998), "Depression Endogene" (1984), béton et téléviseur.(DR)

© Wolf Vostell (1932-1998), « Depression Endogene » (1984), béton et téléviseur. (DR)

 

Informations pratiques

« Endogen Depression » de Wolf Vostell

Jusqu’au 1 nov. 2014

Galerie Anne de Villepoix

Paris 3e

SPACE: Maars Atacama’s Journey

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