Test visuel : trouvez le photographe au milieu de la FORÊT, vous avez 10 secondes !

La semaine commence en forêt, nous vous invitons donc à réveiller votre esprit avec ce nouveau test visuel originale.

Pour ce test en forêt, nous vous recommandons une concentration maximale afin que les distractions ne vous empêchent pas d’atteindre l’objectif, car en plus de trouver le personnage en question, vous devez le faire en cinq secondes maximum, ce qui augmente le niveau de difficulté.

Bien que l’on pense que c’est facile, la réalité de la forêt est que très peu de personnes parviennent à localiser le photographe, alors découvrez ci-dessous si vous pouvez le faire vous-même.

Voici l’image originale de la forêt :

Test visuel foret

Comment avez-vous fait ? Si votre réponse est oui, félicitations, vous pouvez vous vanter d’avoir un œil aiguisé et vous faites partie des petits 10% qui ont réussi à trouver le photographe dans l’image.

D’un autre côté, si ce n’est pas le cas, ne désespérez pas. Vous pouvez réessayer plus calmement. Prenez tout le temps que vous voulez dans cette forêt.

Mais si vous ne voulez absolument pas continuer à vous creuser la tête, voici la solution.

Solution

Test visuel

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, sachez que vous n’êtes pas le seul et que vous faites partie des 90% d’utilisateurs qui n’ont pas pu identifier le personnage du premier coup ou dans le temps imparti.

Mais ce n’est pas grave, car vous pouvez éclaircir vos doutes dans l’image ci-dessus :

Pouvons-nous encore sauver nos forêts du changement climatique ?

Oui, nos forêts tempérées peuvent être sauvées ! Mais nous devons éviter certaines erreurs qui pourraient être néfastes. D’où les nombreuses voix qui s’élèvent ces jours-ci pour que la politique de reboisement actuellement arbitrée par le gouvernement ne fasse pas plus de mal que de bien à la forêt française.

belle forêt

La forêt française est en crise. Depuis 20 ans, de plus en plus d’arbres meurent et la productivité baisse globalement, en grande partie à cause du changement climatique qui fragilise les arbres et favorise la propagation des parasites, notamment les scolytes et les hannetons. Adapter la forêt au changement climatique est une nécessité. Mais mal l’adapter peut accélérer son déclin, avertissait un groupe de membres de la Société française de botanique (SBF) dans un article du Monde d’avril 2021. En janvier dernier, 600 scientifiques écrivaient dans Le Journal du dimanche : Une stratégie d’adaptation prometteuse et efficace consiste d’abord à essayer de soutenir et d’améliorer les populations existantes lorsque c’est possible.

Il faut agir sur la santé de l’écosystème et ne pas simplement remplacer les arbres mourants par d’autres. C’est un traitement de fond des causes du dépérissement qui doit être entrepris et non un simple traitement des symptômes, s’accordent Guillaume Decocq, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne et directeur d’Edysan, une unité mixte de recherche qui étudie les effets du changement global sur les écosystèmes et les agrosystèmes, et Serge Muller, professeur émérite au Muséum national d’Histoire naturelle, dans un récent article de The Conversation.

Pourquoi cette agitation ? Parce que sauver les forêts prendra des décennies. Pourtant, dans les prochains jours, les orientations de la politique forestière française seront précisées dans le Plan de relance de la France. 150 millions d’euros seront alloués pour soutenir les propriétaires forestiers en reboisant 45 000 hectares (environ 3% de la surface boisée de la France métropolitaine) d’ici 2024. Par ailleurs, 150 autres millions seront orientés vers l’industrie de transformation du bois et divers dispositifs. Ce que ces scientifiques plaident à l’unisson, c’est une meilleure conciliation de la forêt et de la biodiversité.

Sur le papier, l’objectif affiché renforcer la résilience de nos forêts et préserver leur biodiversité est partagé et les pratiques pour y parvenir sont connues ; les débats de la Conférence nationale de la forêt et du bois, lancée par le gouvernement en octobre 2021 et qui vient de s’achever, ont montré qu’elles étaient consensuelles : mélange d’essences, peuplements irréguliers avec des arbres d’âges variés et des couronnes de formes différentes, diversité génétique favorisée par la régénération naturelle, ou encore maintien du bois mort sur place.

Ne pas se tromper de combat

En réalité, beaucoup craignent d’autres pratiques moins techniques, comme la coupe à blanc de grandes surfaces suivie d’une plantation. D’autant que, dans la liste des 129 essences recommandées et subventionnables dans les Plans régionaux de la forêt et du bois (PRFB), plus de la moitié (67 espèces) sont exotiques à la France métropolitaine. Plus encore si l’on inclut les espèces plantées dans les îles du futur, sorte de laboratoire à ciel ouvert géré par l’Office nationale des forêts (ONF).

Certaines sont déjà envahissantes en France (robinier faux-acacia, chêne rouge, noyer noir), d’autres en Europe (douglas en Allemagne, tulipier en Belgique) ou ailleurs (pin de Monterey en Afrique du Sud et en Australie).

L’utilisation inconsidérée de ces espèces en sylviculture est une aberration écologique et politique, déclare Guillaume Decocq. En l’absence d’une analyse du rapport bénéfice/risque et d’une analyse rétrospective des pratiques passées, l’utilisation d’espèces exotiques pourrait bien être une fausse bonne solution.

Nos espèces indigènes ne sont-elles plus adaptées ? C’est loin d’être prouvé, affirme-t-il. D’abord, elles ont déjà connu de nombreux changements climatiques. Ensuite, plusieurs études scientifiques récentes montrent qu’elles sont capables de s’adapter par au moins trois mécanismes : génétique via la sélection naturelle, à condition de préserver une certaine diversité ; épigénétique via des mutations au fil des générations ; et via la symbiose de l’arbre avec les bactéries de son microbiote. Nous devons continuer à étudier ces mécanismes en situation réelle, dans des zones forestières protégées. En attendant, nous devons réserver chaque espèce là où les conditions sont optimales pour elle, en tenant compte de l’évolution modélisée du climat.

forêt

Outre ce risque, les espèces exotiques menacent d’introduire de nouveaux agents pathogènes qui déciment les espèces locales (cas du champignon responsable de la chalarose du frêne), de détruire la biodiversité (cas du sous-bois de conifères), voire d’aggraver d’autres risques (comme les incendies à cause de l’eucalyptus et de certains pins très inflammables) ou encore de ne pas s’adapter.

Pour expliquer sa position et proposer des solutions, la Société française de botanique a publié en novembre 2021 un Livre blanc sur l’introduction d’espèces exotiques en forêt. Nous nous élevons contre l’absence de vision écosystémique (la forêt ne se réduit pas à ses arbres, il faut prendre en compte leur cortège de champignons, d’acariens et d’insectes) et la non prise en compte des données de la recherche. Aucun scientifique spécialisé dans l’écologie des écosystèmes forestiers n’a été associé aux discussions ! regrette Guillaume Decocq. La gestion durable des forêts ne peut pas se baser uniquement sur l’ingénierie.