«Puissante et incontrôlée: la troïka»

Puissante et incontrôlée: la troïka, une enquête économique diffusée le 24 février dernier sur ARTE, démontre les paradoxes d’une coalition financière toute puissante entre le FMI et les institutions européennes, la troïka. Un documentaire signé par l’allemand Harald Schumann, journaliste économique, auteur de Quand l’Europe sauve ses banques, qui paye? également diffusé sur ARTE en 2013.

 

Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin pour faire face à la crise, les Etats européens doivent se soumettre aux exigences de trois institutions phares, la troïka: le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE). Photo: capture écran © Arte TV

 

Harald Schumann, journaliste économique allemand s’est rendu en «Irlande, en Grèce, au Portugal, à Chypre, à Bruxelles et aux États-Unis» dans le cadre d’une investigation complexe menée parmi des ministres, des économistes, des avocats, des banquiers ou encore des victimes de la crise, incluant une intervention de Paul Krugman, Prix Nobel d’économie 2008. Ce dernier analyse la stratégie financière de restriction de l’Union européenne, une cure de rigueur jugée «excessive» ; «extrême» ; autrement dit,  «une politique qui ne fonctionne pas».

 

«Aucun pays en crise ne peut payer ses dettes sans croissance économique», selon la position d’Alexis Tsipras, Premier ministre incarnant le parti Syriza (gauche radicale grecque) et de son ministre des Finances, Yanis Varoufakis. Dès la victoire de Syriza, la Grèce a réclamé de nouvelles négociations avec Berlin. L’Allemagne est restée inflexible, en premier lieu, par nécessité économique au regard de la santé financière améliorée de la Grèce, un signe de reprise certes, mais encore très fragile, selon la chancelière allemande. Une intransigeance également provoquée par le manque de confiance mutuelle installé entre Athènes et Berlin, agrémentée d’une attitude récalcitrante des dirigeants grecs depuis cinq ans, jugée parfois «douteuse» par l’Eurogroupe.

 

«Monter une nation contre une autre» ? (Yanis Varoufakis)

 

«Il faut traiter les causes des problèmes là où ils sont apparus c’est comme ça que l’on pourra les solutionner», s’est défendu le gouvernement allemand jusqu’à validation d’un nouveau plan d’aide international, le 27 février dernier. Destinés à soutenir la sortie d’une situation de surendettement abusif et une relance de la croissance dans les pays les plus violemment touchés par la crise, côté Europe, les programmes de stabilité instaurés par l’Eurogroupe ont engendré de grandes perturbations sociales pour des résultats mitigés, ambigus, voire nocifs pour les peuples et les gouvernements de l’Union européenne. Enfoncement dans la récession, envolée des chiffres du chômage, recul du système de santé, des retraites, des outils à disposition de l’Éducation nationale dans différents pays de la zone euros, durant l’été 2014, l’économiste et universitaire (Grèce, USA), Yanis Varoufakis, aujourd’hui ministre des Finances, déclarait avoir détecté de nombreuses failles dans le programme d’aide internationale.

«(…) Ils (la troïka) avaient insisté pour qu’on licencie les femmes de ménage du ministère des Finances — déjà payées au SMIC — pour réduire le déficit des dépenses publiques. Si la troïka avait vraiment voulu stabiliser la Grèce et le marché financier européen, ils auraient dû immédiatement commencer par alléger la dette grecque. Au lieu de cela, ils ont laissé courir la dette pour déstabiliser le marché financier, pour créer une dette permanente, irremboursable, et monter une Nation contre une autre (…) avec une motivation essentielle (pour les créanciers): comment rester au pouvoir le plus longtemps possible (…)», selon Yanis Varoufakis ignorant — à l’époque — la tournure que prendrait l’évolution de ses théories économiques et de ses futures fonctions, l’année suivante.

 


 

En savoir +

«Puissante et incontrôlée : la troïka»

Réalisation : Harald Schumann
Diffusé le mardi 24 février à 22h30 (90 min)
Accéder au  replay du documentaire


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