Enquête: Trump ne «trumpe» pas les Françaises

Donald Trump, businessman multimillionnaire, a été élu président des États-Unis. Le candidat républicain a devancé Hillary Clinton, le 9 novembre dernier, résultat affiché 290 grands électeurs en sa faveur contre 228, côté démocrate. 42% des femmes ont préféré Donald Trump sous le regard dubitatif et anxieux des françaises, tous âges confondus, avec lesquelles nous avons pris le temps de dialoguer.

 

Par Mathilde Dandeu

 

trumpunecheveux

« Un site web pour décoiffer Donald Trump avec une trompette » [Capture d’écran TrumpDonald.org]. Source image: Direct Matin

 

Alors qu’on imaginait Hillary Clinton première femme présidente des États-Unis, cette dernière a bel et bien échoué dans sa mission, mettant ainsi probablement un terme à sa longue (et riche) expérience en matière de politique. Contre toute attente, son électorat féminin l’a délaissé… 53% des  femmes blanches ont voté pour le mania de l’immobilier contre 43% pour Hillary Clinton.  Selon Ouest France, ce chiffre serait expliqué par le fait que «la candidate Clinton était mal aimée par les mouvements féministes les plus jeunes et les plus actifs».

 

Les françaises, outrées par le vote des américaines, ne comprennent pas la volonté de ces femmes d’envisager un homme aussi «dangereux» pour président. Lucie, 27 ans, accorde une grande importance à la place de la femme dans la société, elle n’est pas d’accord avec ce choix. «C’est un extrémiste qui a pris le pouvoir en Amérique. En tant que femme, je trouve ce personnage irrespectueux. Ce choix de vote aura, selon moi, un impact mondial…».

 

«La peste ou le choléra!»

 

Yvane, retraitée, également surprise par le comportement des américaines cédant le pouvoir aux mains d’un homme qui  effraie: «Il me fait penser à Hitler, il est trop excessif, il est zéro en politique. Est-ce qu’il va pouvoir tenir l’Amérique?»
Elise, 21 ans, est déçue par l’image que donne l’Amérique et n’aurait jamais donné un seul vote à Trump. «Je ne peux pas accepter que les américaines qui représentent l’évolution, le progrès, puissent régresser à ce point.»
Victoria, furieuse, fait comprendre à quel point il est incompréhensible en tant que femme, de plébisciter cette mèche blonde. «J’aurais jamais voté pour lui, c’est un sexiste, misogyne, raciste et  provocateur…»; «La peste ou le choléra!»

 

D’autres expliquent qu’aucun des deux candidats — qu’elles dénigrent — ne faisaient l’affaire. Joséphine, 20 ans: «Si j’étais américaine je n’aurais pas voté, je refuse de me positionner dans la situation durant laquelle le peuple a dû s’astreindre à voter, entre la peste ou le choléra.»

Laurence, 49 ans, qui se met réellement dans la peau d’une américaine, serait selon elle très ennuyée face à ces deux candidats qui n’ont aucune force pour mener un pays. «Je ne pense pas qu’une femme puisse diriger la première puissance mondiale; et certainement pas Hillary Clinton, étant donné son âge et ses problèmes de santé. Trump, je le trouve trop extrémiste; il n’a jamais fait de politique, bien que ce soit un excellent homme d’affaires. Je ne pense pas que l’on puisse diriger un pays comme les États-Unis sans jamais avoir expérimenté de hautes fonctions politiques.»

 

« Raciste, irrespectueux, misogyne… » = choix compréhensible

Si les mots «raciste, irrespectueux, misogyne» fusent, depuis des semaines, dans la bouche des françaises, certaines femmes, côté Hexagone, comprennent toutefois ce choix paradoxal des américaines. Des femmes qui font face au ral bol, à la peur du terrorisme, l’une des premières causes de leur orientation politique, comme l’explique Joséphine: «Trump durant sa campagne a mis en évidence un thème qui demeure le plus grand souci de l’électorat féminin: la sécurité. H. Clinton n’était pas en mesure de l’offrir: 53% des femmes — blanches pour les trois quarts — sont attachées au patriarcat, à la famille, aux valeurs les plus conservatrices. Ce sur quoi Trump avait formé ses premières promesses de campagne.»

 

Un besoin de changement pour faire bouger les choses, selon Pauline, 21 ans: «En votant pour Trump, ils voulaient tout simplement du changement, comme ceux qui pourraient voter pour Marine Le Pen, en France, alors que son programme n’a pas vraiment de fond.»

 

Un besoin de rupture avec des systèmes désuets, pour donner une chance à tous les américains tel que l’exprime Victoria: «Je comprends que les américaines aient voté pour lui, c’est un candidat en rupture avec le système actuel. En temps de crise, les gens en ont marre des vieux systèmes traditionnels qui délaissent la classe moyenne et populaire. Le programme économique de Trump prône le protectionnisme, le rejet des étrangers; il place le citoyen américain au cœur de sa politique. Son élection traduit tout simplement un cri d’alerte (des minorités et des plus faibles). Trump a su comment axer sa campagne exclusivement sur ce sentiment, d’où sa victoire.»

Les françaises antiTrump laissent entrevoir une lueur d’espoir, dans notre pays, d’éviter la France bleu Marine. Attention, toutefois, dans quelques mois, à une présidentielle, en Mai 2017, qui pourrait encore réserver son lot de surprises.

 

Mathilde Dandeu © PAM 2016

 

14956584_1475002682514853_6156223560324681688_n

(DR)

 

Sur le même thème :

Donald Trump : « Moi Président »

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

A la une

Interview dynamite: l'auteur, réalisateur et artiste visuel italien, Max Papeschi (Milan), parrain inclassable de la rentrée 2018. Photo © Giorgia Sans Merci

PAM sur Twitter

PAM sur Facebook

POINT PRESSE

Politique

Economie

Média

L'interview

Money Planet

Les planches du mag

TATTOO PLANET