« Planète Coiffure » : le cheveu, ça rapporte combien ?

En France, le cheveu, ça rapporte combien ? Parmi les nouveaux challenges du marché de la coiffure au 21e siècle: la formation des générations futures d’apprentis-coiffeurs ou encore l’adaptation indispensable aux nouvelles techniques de soins et de colorations issues de la bio cosmétique, à l’ère de l’économie numérique. Par Marion Calviera

 

Photo © Sylvain Delaissez

Une saison en compagnie de Pascal de los Rios, ambassadeur Babyliss Pro, co-rédacteur en chef invité People Act, printemps-été 2018. Modèle: Chloé Battelli @ Cannes Académie. Photo © Sylvain Delaissez

 

En ce qui concerne le marché de la coiffure dans l’Hexagone, en 2017, les chiffres révèlent que 90% des salons ont généré 60% du chiffre d’affaires avec une faible relance de l’activité sur l’année. En tant que deuxième secteur de l’artisanat français, la «Planète Coiffure», une fois comptabilisée, incarne un CA global évalué à 5.9 milliards d’euros.

 

Le CA moyen par salon, quant à lui, est estimé à 70.8K. Le secteur de la coiffure touche ainsi près de 190000 actifs, 95400 salariés et 17750 apprentis — dont 2600 élèves en contrat de professionnalisation.

 

«La crise semble s’éloigner au même titre que l’angoisse liée à la campagne présidentielle»

Retour fragile d’une atmosphère optimiste donc d’une timide hausse de la consommation des ménages affichant (visiblement) un meilleur moral que les années précédentes. D’après une étude ciblant les habitudes de consommation sur une année, 3 visites annuelles chez le coiffeur incluent un service «coupe» (soit 86.4% de la clientèle); tandis que 3.4 visites par an incluent un service «coloration» (soit 37,4% de la clientèle); 1.9 visites par an réclament un service «mèches» (soit 26.2% de la clientèle); et 2.8 visites annuelles un service «soins capillaires» (soit 46.8% de la clientèle).

En France, chez le coiffeur, a indiqué une étude Shortcuts France en 2017, 53% des clients sont des femmes (soit 71% du CA), 37% sont des hommes (soit 25% du CA) et 10% sont des enfants (soit 4% du CA). Pour l’année 2017, au niveau de la rentabilité géographique, les régions telles que l’Ile de France ou les Alpes-Maritimes reflètent une activité intense parmi 83199 établissements recensés dans l’Hexagone (contre 30000 boulangeries).

Depuis 2014, après une crise de la profession, 400 établissements et 200 postes supplémentaires ont vu le jour. En règle générale, 76% des établissements exercent leur activité en salon; 10% des salons déclarent une activité franchisée ou licenciée. En 2016, d’après l’étude des chiffres clés par l’Unec, côté Ile de France, la répartition géographique du marché de la coiffure concernait 12370 établissements, dont 20347 employés et 732 élèves. Dans les Alpes-Maritimes, il atteignait 7973 commerces, dont 8231 employés et 577 élèves. En Corse, 528 salons, dont 525 employés; zéro élève. Niveau DOM, l’économie du secteur annonçait 2278 établissements de coiffure, dont 1398 employés et 232 élèves.

 

 

Une profession en phase avec son marché ?

La profession est-elle en phase avec son marché ? s’interroge ainsi l’enquête réalisée par Shortcuts à l’occasion d’une analyse du marché de la coiffure qui présente un maintien de résultats — soit une baisse de 0.9% du CA et «un repli» du nombre de journées de travail estimé à 1.1%. Le nombre de postes reste toutefois relativement stable, malgré une certaine difficulté, d’après les employeurs et les différents témoignages publiés à travers les plus récentes études, à recruter des employés flexibles et consciencieux à la tâche.

 

En France, les 3/4 des salons de coiffure sont classés dans la gamme des services et prix moyens. Côté franchises les chiffres observent une  progression, selon l’Observatoire de la Franchise, pour évoluer d’un réseau comprenant 155 franchises et 6519 franchisés en 2015 à un réseau de 164 franchises et 7223 franchisés en 2016. La franchise Franck Provost, par exemple, comptabilise 5000 salons, plus d’un milliard de chiffres d’affaires annuel, onze marques – de l’enseigne éponyme à Jean‑Louis David, Saint Algue, Maniatis Paris, Coiff&Co et Haircoif, renseigne une source La Tribune.

Aujourd’hui, près de 92% des clients surfent sur le net pour recueillir l’avis des consommateurs autour des compétences d’un salon de coiffure. Parmi ces internautes, 85% d’entre-eux avouent témoigner une certaine confiance au regard des commentaires laissés par les clients et autres testeurs sur les forums. Malgré cela, une grande majorité de salons ne possèdent pas (ou peu) de visibilité, de présence, sur les annuaires en ligne et les réseaux sociaux. Une faille, au regard des nouvelles habitudes engendrées par le réflexe web; plus particulièrement la facilité de réservation en ligne, hors horaires d’ouverture. Un service répandu dans les grandes villes, destiné à satisfaire même tardivement l’agenda des consommateurs les plus occupés.

Manque d’adaptabilité du marché face aux nouveaux réflexes de consommation simplifiée initiée par la matrice web. Désirs versatiles, capricieux, envies spontanées, un petit retard technologique probablement en lien avec le fait que sur 32.6% des femmes qui effectuent une première visite dans un salon, 30.2% ont été fidélisées dans l’année. De même que sur 33.9% des hommes ayant visité un salon pour la première fois, 34.4% ont aussi été fidélisés sans trop d’efforts. La récente étude Shortcuts a démontré une progression, côté masculin, de nombreux «services additionnels» dédiés à la coiffure.

 

 

L’avènement du marché de la bio cosmétique ou cosmétique naturelle

Résultats relativement balancés en ce qui concerne la vente de produits cosmétiques traditionnels puisque 8.0% de la clientèle dédiée aux produits capillaires sont des femmes contre 7.9% d’intérêt chez les hommes.

 

«La cosmétique naturelle, autrefois réservée à des consommateurs militants, s’étend aujourd’hui à une population beaucoup plus large et touche un nombre croissant de clients. Elle est notamment portée par la demande des jeunes consommateurs soucieux de bien-être et de protection de l’environnement», a expliqué en décembre dernier Marion Brunet, directrice générale internationale de la marque L‘Oréal Professionnel, parmi les gammes de la division professionnelle du groupe, lors d’un entretien accordé à Reuters.

En 2016, L’Oréal a décidé d’allouer 3.3% de son chiffre d’affaires au secteur Recherche & Développement (soit 26 milliards d’euros). Sortie d’une nouvelle gamme de coloration végétale programmée en Mai 2018. La marque se met aujourd’hui à la page de la bio motion en matière de coloration végétale avec l’introduction sur le marché de la gamme Boteania, étudiée à partir de feuilles Indigo, de Cassia et de Henné. Une nouvelle technique de coloration naturelle accessible à compter du printemps, en premier lieu, dans 30% des salons de coiffure français partenaires du groupe.

 

Numéro spécial Coiffure réalisé par Marion Calviera © People Act Magazine
2018

 

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