Meurtre D’Alexia Daval: «Un acte impardonnable» pour la famille Daval

La famille de Jonathann Daval accuse le coup, après les aveux du jeune homme quant au meurtre de son épouse: « Il est en pleurs, il regrette son acte, je lui ai dit personnellement que je serai toujours là pour lui, que je l’aimais, c’est mon frère (…) », a déclaré sur BFM TV, le frère de Jonathann Daval s’exprimant pour la première fois, le 31 janvier dernier. Il «est mis en examen pour meurtre sur conjoint, encourant la réclusion à perpétuité», a déclaré la procureure de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot.

 

Dernière mise à jour le 2 février 2018 à 8.15 am

 

Photo de mariage (Juillet 2015) du couple Daval utilisée pour le profil Facebook de Jonathann Daval.

 

Malgré une vive émotion, la famille Daval évoque toutefois un sentiment commun de déception, de «trahison», étant donné la stratégie de dissimulation du crime et le comportement du jeune homme en public depuis trois mois. Le frère et la mère de Jonathann Daval ont par ailleurs témoigné leur soutien aux membres de la famille d’Alexia. Le 2 février, dans la matinée, une première base concernant la chronologie de l’alibi a été dévoilée: une violente dispute aurait éclatée dans la soirée, le couple en serait venu aux mains, instant où Jonathann Daval aurait perdu pied. Ensuite, ce dernier aurait habillé son épouse avec ses vêtements de sport, puis caché le corps dans le coffre de sa voiture vers 1h30 du matin. À 8 heures, il prend la route pour camoufler son acte et se débarrasser du corps. Lieu d’où le suspect enverra différents SMS des deux téléphones portables aux parents d’Alexia ainsi qu’à ses parents. De là, le suspect serait reparti dans sa famille, puis au bar de ses beaux-parents — où il passera le reste de la matinée. «Avant de signaler la disparition d’Alexia, Jonathann Daval est allé chercher une imprimante au bureau». D’après les sources proches de l’affaire, l’empressement du jeune homme à déclencher l’alerte autour de la disparition d’Alexia aurait éveillé les soupçons des enquêteurs, dès le début de l’enquête.

 

L’enquête révèle des disputes courantes «sans violence physique», malgré un bleu et des griffures sur le bras de Jonathann Daval, constatés par les enquêteurs. «Tout allait bien, il n’y a pas eu disputes, rien. On se pousse, on se chamaille (…) mais on ne s’étrangle pas! (…)», a déclaré, hier, Roberte, la tante d’Alexia devant les caméras de BFM. Bouleversée par les propos des avocats défenseurs au cours de ces dernières 24 heures, la famille d’Alexia se dit à la fois choquée et très en colère non seulement face aux aveux du présumé accusé, mais également après la découverte de la  stratégie de défense. «Comment-a-t-il pu se présenter à la presse ou écrire ce discours pour Alexia lors de la marche? Il faut être fort pour ne pas craquer pendant trois mois (…). Lui le gentil, ma nièce la méchante (…). Comment un coup de sang peut-il dégénérer à ce point là? Personne ne peut accepter, jamais… lorsqu’on se chamaille accidentellement, on ne s’étrangle pas! Quand on se rend compte de quelque chose, on arrête (…). On a l’air d’inverser les rôles, c’est inacceptable (…)!», poursuit la tante d’Alexia sur une tonalité très angoissée. Cette dernière espère ne jamais plus recroiser le meurtrier de sa nièce.

 

«Une vague d’indignation»

«Ils n’ont rien vu venir», a précisé Me Jean-Marc Florand, avocat de la famille d’Alexia. Après trois mois d’«une confiance absolue en Jonathann. Ils ont perdu leur fille dans des conditions atroces, ils ont également perdu leur gendre qui avait toute sa place dans la famille (…). Il va falloir encaisser révélations sur révélations quand Monsieur Jonhatann Daval sera passé à des aveux complémentaires (…)». L’enquête se charge à présent d’obtenir plus de précisions autour du mobile du meurtre. D’après une source France Info, pour plusieurs psychiatres et psychanalystes, l’attitude de Jonathann Daval relève autant d’«un mécanisme de défense que de l’illustration de traits narcissiques et paranoïaques

 

Jonathann Daval, le mari d\'Alexia Daval, lors d\'une conférence de presse à Gray-la-Ville (Haute-Saône), le 2 novembre 2017. 

« Jonathann Daval, le mari d’Alexia Daval, lors d’une conférence de presse à Gray-la-Ville (Haute-Saône), le 2 novembre 2017 ». Le corps de son épouse a été identifié la veille. Photo © France Info

 

 

«Il y a juste un garçon qui perd pied, un accident (…)» (Me Randall Schwerdorffer)

La défense de Jonathann Daval est «scandaleuse», a déclaré la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa. Personnalité «forte», «écrasante», ascendant sur son époux, «violences conjugales», telle est la plaidoirie préméditée par les avocats du jeune homme. Traitement médical pour des problèmes de fertilité «avec des effets significatifs de modification du comportement de la personne qui suit un tel traitement, pouvant aller jusqu’à une bipolarité ponctuelle (…), notamment des accès de violences (…) chez Alexia, ce traitement provoquait des crises (…). Je ne suis pas en train de salir la victime, j’aimerais simplement que l’on puisse travailler sur la globalité du problème sereinement en posant toutes les questions sans être assaillis par des réflexions sexistes (…)», a indiqué Me Randall Schwerdorffer, avocat de Jonathann Daval, en réponse à la vague d’indignation dont il est désormais l’objet.

 

«Victim-Blaming»

«C’est un couple qui avait des hauts et des bas, il y avait une difficulté notamment pour avoir un enfant, c’est une réalité, et cela était source de tensions». Les parents d’Alexia, tout comme sa sœur, «ont constaté des tensions comme dans tous les couples, mais rien de symptomatique », a précisé, en restant prudent, Me Jean-Marc Florand. «J’ai eu connaissance de violences ponctuelles, cela a pu arriver, une fois, deux fois, trois fois… Quand bien même ces violences seraient avérées, ça ne justifie pas les violences de Jonathann, soyons bien clairs», a tenu a préciser, mercredi 31 janvier, Me Randall Schwerdorffer. Parmi les rapports de police dévoilés à la presse, le contenu du téléphone portable d’Alexia Daval, comprenant des messages «particulièrement virulents à l’égard de son mari»; «une véritable violence verbale». D’après BFMTV, la jeune femme reprochait au suspect son «impuissance» .

 

«Je pense à toutes les femmes qui vivent actuellement des violences conjugales qui vont entendre ça et qui vont se dire peut-être que je mérite d’être frappée ou à des hommes qui vont entendre ça et qui vont se dire moi aussi, ma femme elle m’écrase (…) donc, je vais la frapper», a déploré la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes au micro de RTL et sur Twitter, avant de conclure: «En disant ça, on légitime les féminicides, on légitime le fait que tous les trois jours, il y a une femme qui soit tuée sous les coups de son conjoint (…). Elle avait une personnalité écrasante, elle était trop exigeante, elle s’habillait de façon trop aguicheuse… Il y a toujours une bonne excuse, ça suffit!».

 

 

Marion Calviera © People Act Magazine 2018

 

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