Marthe Villalonga : ses confidences troublantes sur sa mort imminente.

Lors d’un week-end de détente au magnifique hôtel Radisson Blu de Djerba, dans le cadre de l’Escapade des Etoiles, Marthe Villalonga se lache …

Marthe Villalonga

À 86 ans, l’actrice capricieuse est toujours aussi brillante et n’a pas fini de profiter de la vie. Mais Marthe Villalonga a tout prévu.

Marthe Villalonga nous a accordé une interview exclusive, entre deux séances de thalassothérapie.

C’est votre première séance de thalassothérapie et qu’en pensez-vous ?

marthe villalonga décédée

Marthe Villalonga : Ce n’est pas la première fois, mais celle-ci est extraordinaire ! Je n’ai jamais été aussi satisfaite d’une thalassothérapie.

Tout le personnel est très attentif à nous, ils sont très présents et prévenants. Les massages sont extrêmement relaxants et agréables. Une chose est sûre, je reviendrai !

PAM : Et Djerba, c’est aussi une nouveauté ?

Marthe Villalonga tv

Marthe Villalonga : Oui, en effet. Je suis allé en Tunisie plusieurs fois, même une fois à l’Opéra pour voir Dave chanter, mais je ne connaissais pas Djerba, je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller.

PAM : Vous avez arrêté de vous produire sur scène il y a un peu plus de deux ans, et maintenant vous vous faites rare.

Marthe Villalonga : Pendant longtemps, j’ai eu le désir de m’arrêter, de me faire plaisir, égoïstement. J’adore voyager. Et enfin, c’est arrivé après Ensemble et séparément, que j’ai joué avec Jean Piat.

Marthe Villalonga morte

J’ai eu tellement de plaisir à travailler avec lui, avec ce grand homme de théâtre, que je me suis dit qu’il était temps d’arrêter avec panache.

PAM : Vous ne le regrettez pas ?

Marthe Villalonga : Non, pas du tout.

Marthe Villalonga maladie

PAM : Aujourd’hui, n’aimeriez-vous pas revenir sur scène ?

Marthe Villalonga : Non, pas du tout. Le théâtre est un rythme d’enfer. Depuis, j’ai fait quelques courts métrages qui ont été tournés en deux ou trois jours, et c’est très bien. Je suis donc semi-retraité [rires].

PAM : Vous vivez entre Paris et le sud de la France, comment passez-vous vos journées ?

Marthe Villalonga malade

Marthe Villalonga : Parfois, le soir, je vais voir mes amis qui jouent au théâtre, et cela me rend très heureuse, car j’ai moi-même manqué beaucoup de pièces parce que j’étais sur scène.

Les gens du métier savent que j’ai arrêté de jouer, parce qu’ils m’invitent et m’en redemandent. Récemment, j’ai été invité au Festival du film canadien à Dieppe et au Festival du film de Carmaux.

PAM : Le festival des acteurs de soutien ?

Marthe Villalonga jeune

Marthe Villalonga : Oui, c’est vrai.

PAM : Des seconds rôles que vous avez souvent joués ?

Marthe Villalonga : Bien sûr ! Nous avons commencé avec rien du tout. Certains acteurs ne réalisent pas qu’on ne peut pas commencer tout de suite avec un grand rôle.

Marthe Villalonga guy bedos

Je pense que ce qui est intéressant, c’est d’avoir la possibilité de changer à chaque fois, de travailler avec des réalisateurs différents, plus ou moins exigeants, et ainsi d’apprendre le métier, ce qui nous amène souvent à jouer des seconds rôles.

PAM : Le film dans lequel vous avez joué en 2015, La dernière leçon, de Pascale Pouzadoux, avec Sandrine Bonnaire, est une très belle histoire.

Marthe Villalonga : Très bien ! C’est un film dans lequel, comme dans la vie, on pleure beaucoup, mais on rit aussi. J’ai aimé ces moments que j’appelle des respirations, et pour les gens qui l’ont vu, ils l’ont ressenti.

Marthe Villalonga age

C’est l’histoire d’une femme qui décide du jour et de l’heure de sa mort et se débarrasse enfin de son corps. Je l’aime beaucoup car, pour moi, le corps est la seule chose dans la vie qui nous appartient complètement.

Lorsque cette mère annonce sa décision à ses proches, certains d’entre eux finissent par l’accepter, comme sa fille, alors que son fils ne l’accepte pas.

Elle est terriblement en colère ! Ce que Pascale Pouzadoux disait, c’est qu’il faut parfois un an, voire cinq, pour accepter que sa mère ait pris cette décision.

Marthe Villalonga films

PAM : Le film est basé sur un livre de Noëlle Châtelet, la sœur de Lionel Jospin, le fils en question. L’avez-vous rencontré ?

Marthe Villalonga : Non, jamais.

PAM : Savez-vous s’il a vu le film, s’il l’a aimé ?

Marthe Villalonga fils

Marthe Villalonga : Je sais qu’ils l’ont vu avec leurs familles, en privé, entre eux, parce qu’ils voulaient apprécier le résultat. Et ils ont aimé ça.

Nous avons beaucoup discuté avec Noëlle Châtelet, qui est celle qui a initialement donné l’autorisation de faire le film, après avoir demandé à ses frères.

PAM : Ce long métrage a-t-il été important pour vous en ce qui concerne votre appréhension de la mort ? Est-ce qu’elle vous fait peur ?

Marthe Villalonga : Nous devons tous passer par là ! Je n’ai donc aucune crainte. Ce n’est pas à nous de décider. Nous parlons maintenant, mais si ça arrive, demain je ne serai plus là.

Pourquoi pas ? Comment le savez-vous ? Nous ne le savons pas. C’est comme les gens qui disent : « Wow ! Non, non, non, non, ne me parlez pas de ça, je ne veux pas faire mon testament !

Pourquoi ? Pensez-vous que vous allez mourir plus ou moins vite ? C’est ridicule, au contraire, mettez de l’ordre dans vos affaires, et ensuite vous serez tranquille.

PAM : Et comme Mireille Jospin, est-ce que je pourrais finir par décider de mourir ?

Marthe Villalonga : Me faire partir ? Je pense que oui. Pourquoi souffrir quand on sait que c’est fini ? Ne me dites pas qu’un médecin ou un chirurgien dont la propre mère souffre terriblement ne l’aide pas à s’en sortir ?

Ne me raconte pas d’histoires ! Je veux dire, je pense que ça rend les choses plus faciles pour elle d’une certaine manière, j’en suis convaincu. Tout le monde ne le fait pas, bien sûr, mais certaines personnes doivent se poser la question.

J’ai une amie que j’ai rencontrée au cours de Simon, je l’ai rencontrée un jour, par hasard. Je voyais souvent les quelques amis que nous avions quand nous étions jeunes et qui avaient cessé d’agir depuis longtemps.

Ils étaient toujours restés en contact. Un jour, l’un d’entre eux m’a dit : « Écoutez, j’aimerais prendre un apéritif ou un repas le mois prochain ».

Ils sont partis tous les quatre en Suisse et c’était en fait un adieu à cet ami, qui n’était pas très vieux, mais qui avait un cancer et ne voulait pas souffrir !

Ils se sont donc vus ce jour-là et se sont dit au revoir. Après tout, il faut le faire. Et nous avons découvert le lendemain, ou deux jours plus tard, qu’il était parti.

C’est génial ! Il y a des hôpitaux qui sont comme des pièges mortels, avouons-le, où beaucoup de gens souffrent énormément.

PAM : Si vous n’avez pas peur de la mort, vous avez peur de la douleur ?

Marthe Villalonga : Oui, je ne veux pas mourir en souffrant terriblement. Nous voyons des gens, des enfants qui ont le cancer, des choses comme ça, c’est terrible !

PAM : On peut vous demander quel âge vous avez ?

Marthe Villalonga : Oh oui, je m’en fiche ! Un jour, une dame m’a dit : « Je n’ose pas vous demander votre âge parce que ce n’est pas bien.

Je lui ai dit : « Mais ouvrez n’importe quel journal ou Internet et vous saurez mon âge ! Je vais vous le dire tout de suite, j’ai eu 86 ans en mars dernier. Et je ne veux pas y aller, mais si j’y vais, j’y vais. Je ne suis pas responsable, c’est là-haut.

PAM : Et quand vous vous décidez, avez-vous fait des préparatifs ?

MV : Oui, ma famille le sait. Tout d’abord, je ne veux pas aller au cimetière, ils vont m’incinérer : comme ça, je suis sûr de partir !

Puis ils jetteront mes cendres dans la mer que j’aime. La Méditerranée, bien sûr !

PAM : Marthe Villalonga même si vous n’avez pas eu d’enfants, vous sentez-vous entourée ?

Marthe Villalonga : J’ai de la famille, des cousins directs. Nous ne nous voyons pas forcément souvent, mais nous communiquons régulièrement.

J’ai la chance d’être en bonne santé jusqu’à présent, mais je sais que si quelque chose devait m’arriver, il y aurait des gens qui me soutiendraient – j’ai toujours la possibilité, sur un coup de tête, d’appeler une cousine et de lui dire « j’arrive » pour aller chez elle et me faire dorloter pendant une semaine ! J’ai aussi la chance incroyable de pouvoir me permettre un voyage sans déranger personne.

PAM : Et le reste, tout est réglé ?

Marthe Villalonga : Oui, tout est en ordre, j’ai fait mon testament. Et je veux que ma famille, surtout, et ceux qui en ont besoin, en bénéficient. Je ne fais pas toujours confiance à toutes ces associations.

Marthe Villalonga

Je préfère donc choisir ce que je donne et à qui je le donne. Chaque année, je prépare des sacs que je distribue aux personnes que je connais et dont je sais qu’elles en auront besoin.

J’ai la chance d’avoir un toit sur ma tête, de manger à ma faim et de pouvoir donner à ma famille, à mes amis et à ceux qui sont dans le besoin.

PAM : Vous donnez des livres, des vêtements ?

MV : Les vêtements, par exemple, je les donne à des gens qui habitent près de chez moi, à Cannes. Je collecte également, lors des différents tournages, beaucoup d’objets dont personne ne se soucie une fois le film terminé.

Dans le cinéma, il y a beaucoup de choses nouvelles qui ne sont utilisées qu’une fois. Alors aujourd’hui, je le dis au directeur et je leur demande de ne rien jeter. Ensuite, je peux le partager avec d’autres.


Martha Levine

Tout projet incroyable commence par une étincelle et un esprit talentueux. C'est le cas pour Martha Levine, la fondatrice du site PEOPLE ACT MAGAZINE. À tout juste 41 ans, elle a eu une idée brillante en tant que femme de lancer ce projet unique sur les stars et les peoples français.