Money Planet #07 La France d’après, les chiffres…

La Nation a basculé dans la matinée du mercredi 7 janvier. Dans la France d’après, les jours et les nuits se suivent sans se ressembler.

 

"Spider Woman" par Virginie Broquet © PAM 2015

« Spider Woman » par Virginie Broquet © PAM 2015

 

Le monde mélange ses cartes et révise la donne

 

«Nous avons changé d’époque», a déclaré Manuel Valls durant un déplacement à Quimper, vendredi 16 janvier. «Chaque Français en est désormais conscient», a ajouté le Premier ministre. Au lendemain d’un choc collectif, il semble que la majorité parvienne enfin, malgré l’opacité de la période, à trouver sa place aussi bien dans le fonctionnement de l’État qu’à l’égard des français, rangés derrière la prise de position du gouvernement et son attitude, efficace et ferme, depuis la tuerie de Charlie Hebdo. Une simple «bulle spéculative», selon Le Monde.

 

La France d’après en chiffres… 

 

17 victimes du terrorisme en France en moins de 72 heures,

9 gardes à vue prolongées et 3 levées,

150 procédures judiciaires en cours pour incitation à la haine ou apologie du terrorisme,

116 actes anti musulmans recensés dans l’Hexagone,

200 incidents dans les écoles de France dont 40 signalés à la police,

3.7 millions de personnes dans les rues dont 1.7 millions à Paris,

7 millions d’exemplaires de Charlie Hebdo en cours de distribution dont 1.9 millions d’exemplaires vendus entre mercredi 14 et jeudi 15 janvier,

50 chefs d’État réunis à Paris,

10000 hommes déployés sur le territoire national, au service d’une protection de plus de 700 sites sensibles (écoles et lieux de cultes),

10000 effectifs déployés vers les territoires en guerre,

1300 cyberattaques au nom d’organisations islamistes soit plus de 25000 sites piratés, institutionnels et privés.

 

Fin du «Hollande Bashing» ? 

 

Trio gagnant 2015 : Hollande – Valls – Cazeneuve

 

Politiques, médias, citoyens, pour une fois, la France est unanime: le gouvernement Hollande a effectué un parcours «sans-faute» lors d’une situation de crise exceptionnelle.

 

La popularité de François Hollande décolle significativement dans le cadre d’une situation «imprévisible», selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, publié le 19 janvier. Le président gagne 21 points pour atteindre les 40% d’opinons favorables, «lui qui n’avait pas dépassé la barre symbolique des 20% depuis juillet dernier», a rappelé Le Figaro. Situation corollaire, Manuel Valls parvient également à atteindre les sommets du pouvoir en bénéficiant cette semaine de 17 points supplémentaires à son actif.

L’Elysée n’ayant pas pour habitude de commenter les mauvais chiffres successifs du président, la cellule de communication n’a donc logiquement émis aucun commentaire sur ce retournement de situation en faveur du chef de l’État. Une progression historique depuis l’appel à l’unité nationale le 7 janvier et la grande marche républicaine du 11 janvier. Pour Paris-Match, «le chef de l’Etat fait mentir la règle selon laquelle quand un président chute dans les enquêtes d’opinion il ne remonte plus». Une fragile hausse de popularité (+ 6 points) avait toutefois amorcé une (courte) ascension en février 2013, période d’intervention de la France au Mali. Une situation unique, improbable, rappelant la position de François Mitterrand, en 1991, à l’époque de la guerre du Golfe. Le président socialiste avait effectué une fulgurante ascension de + 19 points lors d’une action cohérente en Iraq, d’après l’opinion publique.

 

Si 21% des français estiment que l’esprit Charlie perdura dans le temps, 78% des personnes interrogées envisagent le mouvement comme un élan de solidarité ponctuelle.

 

Pour les citoyens, les signes d’un retour de la confiance envers la légitimité des politiques à diriger la nation, pourrait ne révéler qu’un feu de paille. La réalité économique et sociale du pays devrait rapidement se rappeler au bon souvenir du contribuable, des chômeurs, des chefs d’entreprises, des syndicats ou encore des créanciers de la dette publique, après une période «inespérée» de cohésion nationale, aux couleurs de la République. «De la guerre du Golfe au 11 Septembre, en passant par la victoire des Bleus en 1998, les hausses spectaculaires de popularité des chefs de l’État n’ont pas duré», constate Le Figaro. Aux Etats-Unis, par exemple, George W. Bush remportait 39 points de popularité en grimpant de 51% d’opinions favorables le 10 septembre à 90% le 21 septembre 2001.

 

Marion Calviera

© PAM 2015

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