Les frères Bogdanoff ont-ils arnaqué un millionnaire ? Nous avons la réponse !

Ils comparaîtront devant le tribunal de Paris pour escroquerie sur personne vulnérable. Les frères Bogdanoff ont-ils escroqué un millionnaire ? C’est ce qui est reproché à Igor et Grichka, rapporte Le Point. L’affaire remonte en fait à 2018. La victime de cette histoire est un ancien hôtelier d’une cinquantaine d’années qui était considéré comme un millionnaire atteint de troubles bipolaires.

Bogdanoff

Les deux frères sont accusés d’avoir escroqué un millionnaire bipolaire afin d’éponger leurs dettes et peut-être relancer leur émission Temps X.

L’homme s’est suicidé le 31 août 2018, rappelle Le Point, en plein milieu de l’enquête qui met en cause les frères Bogdanoff. Dans sa lettre, qui fait office de testament, il écrit : Je souffre énormément, trop c’est trop. Ils m’ont fait croire à toutes sortes de choses. Cet acte suicidaire fait suite à la mise en examen en juin des deux frères et d’un autre homme, Tanguy Ifoku, fils d’un diplomate qui aurait aidé les deux célébrités Bogdanoff.

Selon le restaurateur, les deux frères Bogdanoff, aujourd’hui septuagénaires, lui avaient promis des investissements, une tentative de relance de leur émission « Temps X » et un projet de film pour promouvoir le Congo. Pire, selon Le Point, il aurait même été question d’un hélicoptère qui ne pourrait être piloté que par Igor Bogdanov.

Les frères Bogdanoff mort

Les deux frères Bogdanoff, en difficulté financière à l’époque, auraient tout fait pour soutirer de l’argent au millionnaire. Ce dernier a signé des chèques à tour de bras, qui n’ont finalement pas été encaissés car la banque a semblé se rendre compte de la supercherie à ce moment-là. Ils ont également réussi à faire produire un film, Le fruit de l’espoir, en obtenant la somme de 600.000 euros, alors que selon certaines personnes ayant collaboré au projet, il n’aurait pas valu plus de 50.000 euros.

Dans ce cas, le juge n’a pas qualifié l’abus de faiblesse et leurs avocats soulignent que les frères Bogdanoff n’ont en aucun cas bénéficié d’un enrichissement personnel. Les trois prévenus, ainsi que le producteur du film, sa fille et un avocat parisien, sont donc renvoyés devant le tribunal de Paris, mais pas avant plusieurs mois. Ils devront répondre des accusations de dilapidation de la fortune personnelle du millionnaire.

Les frères Bogdanoff

En quête d’une réhabilitation scientifique, les Bogdanofs perdent au tribunal face au CNRS

Dans un arrêt du 24 juillet, le Conseil d’État a rejeté le recours d’Igor et Grichka Bogdanoff contre le CNRS, qui avait mis en doute la valeur scientifique de leurs thèses. Les jumeaux veulent maintenant porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Le Conseil d’État vient d’infliger une lourde défaite aux frères Bogdanoff. Le 24 juillet, la plus haute juridiction administrative a rejeté le recours des deux jumeaux du PAF, qui tentaient de faire reconnaître l’illégalité d’un rapport du Comité national de la recherche scientifique (CNRS) et de limiter sa diffusion dans la sphère publique. Rien d’étonnant à cela, puisque ce rapport confidentiel, qui avait été divulgué à l’hebdomadaire Marianne, est une attaque en règle contre les thèses des deux jumeaux.

enfants bogdanoff

Petit retour en arrière : en 1999 et 2002, l’université de Bourgogne a décerné à Grichka et Igor Bogdanoff les titres de docteur en mathématiques et docteur en physique théorique, suite à la soutenance de leurs thèses respectives sur l’existence d’une réalité avant le big bang. Pour les jumeaux, déjà auréolés du succès médiatique de leur émission scientifique Temps X sur TF1, c’est une belle réussite.

Sauf qu’une étrange rumeur lancée par le physicien allemand Max Niedermaier gagnait à l’époque du terrain dans la communauté scientifique. Selon ce physicien, deux articles des frères Bogdanoff publiés dans des revues scientifiques réputées étaient en fait de gigantesques canulars, dénués de toute base scientifique. Après quelques jours d’agitation médiatique, Max Niedermaier a finalement admis que cet épisode, rapidement surnommé affaire Bogdanoff, reposait sur une dénonciation calomnieuse.

Anonymes, les auteurs du rapport se sont lâchés

Bogdanoff jeunes

Mais le doute est tenace, surtout lorsqu’il concerne des personnalités aussi médiatiques que les jumeaux du PAF. En 2003, le CNRS a discrètement fait évaluer leurs thèses par ses sections spécialisées en physique et en mathématiques. Le résultat ? Un rapport au vitriol de 27 pages, dont les auteurs anonymes critiquent les travaux des Bogdanoff.

Aucun résultat mathématique n’est démontré ; de plus, la rigueur mathématique est étrangère à la rédaction de ce texte, dit le rapport à propos des travaux de Grichka Bogdanoff. Igor Bogdanoff, titulaire d’un doctorat en physique théorique, ne convainc pas non plus les experts du CNRS : Si le style du manuscrit de thèse de M. Bogdanoff peut rappeler au lecteur non averti certains travaux de physique théorique traitant de l’origine de l’univers, ce n’est qu’une illusion, estiment-ils.

Igor et Grichka Bogdanoff

Malgré la virulence de la critique, le travail d’évaluation n’est contrebalancé par aucune procédure contradictoire. Les auteurs du rapport n’ont pas non plus tenté de contacter les Bogdanofs, qui auraient pu défendre la qualité de leur travail. Alors que le contenu des thèses a été sévèrement critiqué, les diplômes d’Igor et Grichka Bogdanoff n’ont été en aucun cas remis en cause, en vertu du principe de souveraineté des jurys d’examen.

Aussitôt rédigé, ce rapport explosif a été rangé dans un tiroir par la direction du CNRS. Jusqu’à ce qu’il réapparaisse mystérieusement sept ans plus tard, en 2010. Les jumeaux Bogdanoff découvrent son existence par l’intermédiaire d’un journaliste de l’hebdomadaire Marianne, qui prétend en détenir une copie. Stupéfaits, Grichka et Igor pensent d’abord à une erreur. D’autant que le CNRS ne les avait toujours pas informés de son processus d’évaluation.

Mais ils doivent se rendre à l’évidence : quelques semaines plus tard, Marianne publie un dossier intitulé : Le vrai visage des Bogdanof avec des extraits du texte au vitriol, qui sont également publiés sur le site du magazine. Outrées, les jumelles estiment que ces critiques reflètent la jalousie d’une partie de la communauté scientifique à leur égard. Nous avons été victimes d’un complot visant à porter atteinte à notre crédibilité et à notre succès, a déclaré Grichka Bogdanoff à Capital.

Un frein aux affaires des Bogdanoffs

Le plus jeune des jumeaux, qui est à quelques minutes de sa naissance, affirme que les avis favorables de différents experts au moment de la soutenance de leurs thèses en sont la preuve. Il mentionne également le soutien de Daniel Sternheimer, directeur de recherche au CNRS, qui avait supervisé leurs travaux à l’université de Bourgogne. Quoi qu’il en soit, ce rapport a été dévastateur pour la réputation des Bogdanofs, qui ont rapidement lancé une contre-attaque sur le terrain juridique : en 2014, ils ont gagné leur procès en diffamation contre l’hebdomadaire Marianne, qui les avait qualifiés d’imposteurs dans son enquête.

Le second volet de l’affaire, contre le CNRS, s’est joué devant les juges administratifs du tribunal de Paris. Les jumelles demandent aux juges de reconnaître l’illégalité du rapport. Ils veulent également que les tribunaux obligent le centre de recherche à le retirer de la sphère publique par tous les moyens nécessaires. Le CNRS a toujours refusé cette demande, bien qu’il ait publié un communiqué commun avec l’Université de Bourgogne déplorant la divulgation du document. Grichka et Igor Bogdanoff sont également convaincus que cette affaire a ralenti leurs activités, réduisant leurs apparitions dans les médias et les ventes de leurs livres (Dieu et la science, Avant le Big Bang). Pour compenser ce prétendu manque à gagner, ils réclament au CNRS plus d’un million d’euros de dommages et intérêts.

Le 30 juin 2015, le tribunal administratif de Paris a infligé un revers cinglant aux jumeaux. Toutes leurs demandes ont été rejetées et ils ont même été condamnés à rembourser les frais de justice du CNRS, pour un total de 2 000 euros. Cela n’a pas découragé ces éternels optimistes, qui ont porté l’affaire devant la cour administrative d’appel. Un an et demi après le verdict du tribunal administratif, cette dernière a partiellement pris le contre-pied de la première instance.

Dans un arrêt du 17 novembre 2018, les juges ont reconnu que les jumeaux étaient fondés à demander le retrait public du rapport – dont le caractère confidentiel avait été reconnu par la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) – sans toutefois leur donner raison sur les autres aspects du dossier.

Un tour supplémentaire devant le Conseil d’Etat ?

Pour les Bogdanof, l’espoir est de courte durée : le 24 juillet, le Conseil d’État rend un arrêt qui éteint leurs chances de faire condamner le CNRS. Dans le détail, les juges ont estimé qu’il n’était pas établi que la communication du rapport litigieux pouvait être imputée au CNRS. Un point qui laisse Grichka Bogdanoff pantois : Nous avons pourtant produit des attestations démontrant le contraire, que le Conseil d’État a choisi d’ignorer pour une raison mystérieuse.

C’est incompréhensible ! La cadette des jumelles fait notamment référence à une attestation transmise au tribunal administratif par l’ancien directeur de la publication de Marianne, dans laquelle il reconnaît que le rapport a bien été envoyé à un journaliste par un agent du CNRS.

Les juges ont écarté ce témoignage, le qualifiant d’insuffisamment détaillé, tout comme le témoignage d’un autre journaliste de l’hebdomadaire. Si les juges admettent volontiers que le rapport n’avait pas à être transmis à la presse, ils considèrent que le CNRS ne peut être tenu responsable de sa divulgation.

Bogdanoff

Par ailleurs, le Conseil d’Etat a jugé que le directeur adjoint de la communication du CNRS n’avait, à l’époque, commis aucune faute de nature à engager la responsabilité du CNRS en se contentant d’authentifier le rapport qui était malheureusement devenu public lors de conversations téléphoniques avec les journalistes de Marianne. Dès lors, l’organisme de recherche était en droit de refuser de prendre toutes les mesures nécessaires pour le soustraire à la vue du public, ont estimé les juges.

Nous ne nous attendions pas à une telle issue, l’erreur juridique est évidente, a déploré Grichka Bogdanoff. Au-delà de l’injustice qui nous est faite, la décision du Conseil d’État est irresponsable car elle remet en cause le principe de souveraineté du jury de thèse, a-t-il poursuivi. Doit-on comprendre que le CNRS peut désormais choisir arbitrairement les thèses sur lesquelles un rapport peut être ordonné, au risque de causer un grand préjudice aux docteurs, voire de briser leur carrière ? Déterminée, Grichka Bogdanoff promet de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La direction du CNRS n’a pas souhaité commenter la décision du Conseil d’Etat.


Sacha Fernandes

Depuis l'enfance, je suis passionnée par l'écriture et le yoga et je suis très curieux de nature surtout quand il s'agit d'actualité et de presse, je m'intéresse à tous les domaines ! J'aime aussi les nouvelles technologies et la création de sites internet, ainsi que le SEO qui me passionne, une vraie révélation pour moi il y a plus de 10 ans.