Très forte hausse des prix dans les prochaines semaines dans les supermarchés, du jamais vu depuis 14 ans.

Et ce n’est que le début, prévient Lionel Maugain, journaliste du magazine : une hausse des prix encore plus brutale est attendue dans les prochaines semaines.

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Le magazine 60 Millions de consommateurs a déjà constaté une forte hausse des prix des produits alimentaires.

Selon une étude de l’institut NielsenIQ, c’est le prix des pâtes (sèches et fraîches) qui a le plus augmenté en ce moment : +11,4% en moyenne.

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Mais pour les premiers prix, cela va jusqu’à +42% ! Les produits à base de céréales et d’oléagineux connaissent également une flambée. C’est le cas des huiles (tournesol, colza, palme…) : +2,6% en moyenne, mais +11% pour les premiers prix.

Quels sont les produits qui ont le plus augmenté en un an ?

Il s’agit d’une hausse importante pour ce type de produit. Enfin, en troisième position, on trouve le café, avec +12% pour les premiers prix.

Par ailleurs, nous avons réalisé un panier de contrôle avec 31 produits essentiels dans le cadre de notre Observatoire de l’inflation : par rapport à février 2021, le panier coûte 2,4% de plus qu’en 2022. Il s’agit d’une augmentation assez forte par rapport à février.

Les pâtes seront-elles bientôt inabordables ? L’association 60 Millions de Consommateurs a mis en garde contre une très forte augmentation des prix des produits alimentaires, prévue dans les prochaines semaines. Selon leur Observatoire de l’inflation, le prix du panier de base de 31 produits de première nécessité avait déjà augmenté de 2,44% sur un an en février 2022. Avec des prix du carburant et de l’électricité également en hausse, comment les Français pourront-ils faire face ?

La guerre en Ukraine n’arrange pas cette inflation, puisque de nombreuses matières premières, notamment le blé, le pétrole et les céréales en général, provenaient d’Ukraine et de Russie. Cette situation pourrait également entraîner une vague de famine dans certaines régions du monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. En France, les prix des produits alimentaires vont augmenter de 3 % en 2022, une première depuis 2014, a annoncé le gouvernement.

Certains produits alimentaires ont particulièrement vu leur prix bondir, avec en première position le paquet de pâtes, qui a augmenté de 11,4 % ! Les légumes secs, les huiles, le café torréfié et le riz ont également connu des augmentations de 2,4 à 3,4%. Mais selon les professionnels, ce n’est que le début de l’inflation, qui va s’intensifier dans les prochains jours. C’est le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes qui sera le plus touché.

L’inflation s’est propagée aux prix mondiaux des denrées alimentaires, qui sont à leur plus haut niveau depuis près de dix ans, aggravant encore les difficultés des pays vulnérables qui ne sont pas encore sortis de la pandémie. Les hausses des prix des produits de première nécessité ont été spectaculaires en un an : plus de 88 % pour le maïs et plus de 28 % pour le blé.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’inquiète de la situation. Elle n’exclut pas des troubles sociaux dans certains pays.

Hausse de plus de 40 % des prix des denrées alimentaires en un an

Les prix des denrées alimentaires ont bondi en mai de près de 40 % sur un an, atteignant leur plus haut niveau depuis septembre 2011, selon la FAO. La hausse est de 88% pour le maïs, 73% pour le soja, 28% pour le blé et les produits laitiers, 34% pour le sucre et 10% pour la viande.

C’est très inquiétant, a déclaré à l’AFP Arif Husain, économiste en chef du Programme alimentaire mondial (PAM).

En 2007-2008, la forte hausse des prix des produits alimentaires de base a déclenché des émeutes de la faim dans différentes villes du monde. Les prix ont atteint un pic en 2010-2011, coïncidant avec le début du printemps arabe.

Pourquoi cette flambée des prix ?

Après la crise économique déclenchée par la Covid-19 en 2020, qui a été combattue par d’énormes plans de relance, la reprise est forte et s’accompagne d’une hausse des prix. La Banque mondiale prévoit une croissance mondiale de 5,6 % cette année.

La Chine, qui devrait afficher une croissance de 8,5% en 2021 selon cette institution, achète des oléagineux, des céréales et de la viande à la pelle.

C’est vraiment la Chine qui est aujourd’hui le facteur déterminant de la flambée des prix alimentaires, estime l’économiste Philippe Chalmin, interrogé par l’AFP.

Aux États-Unis, la reprise est également prononcée (+6,8% attendus par la Banque mondiale).

Autres facteurs inflationnistes : la sécheresse au Brésil, la hausse du prix du pétrole et l’explosion du prix du fret maritime.

Mais la reprise est très inégale dans le monde, estime Josef Schmidhuber, économiste à la FAO. Elle est moins forte dans les pays en développement, dont les revenus augmentent peu alors que la facture alimentaire augmente considérablement.

Cette hausse va-t-elle durer ?

 

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Difficile à dire. Pour l’heure, le ministère américain de l’Agriculture prévoit une production mondiale de blé record pour la campagne 2021-22. Il s’attend également à des récoltes record pour le soja brésilien et le maïs américain. Si cela se produit, cela pourrait faire baisser les prix.

Mais les conditions météorologiques peuvent créer des surprises. Josef Schmidhuber estime que les prix resteront relativement élevés en 2021, surtout si les prix du pétrole augmentent encore, car l’agriculture est gourmande en énergie.

Quel est l’impact sur les pays pauvres ?

L’inflation alimentaire a dépassé 20 % au cours de l’année dernière dans un certain nombre de pays, selon la FAO.

Au Liban, confronté à une grave crise bancaire et économique qui a fait chuter la monnaie, les prix alimentaires ont augmenté de 226 % en mai sur un an, selon le site Trading Economics.

En Argentine, elle a atteint près de 50% sur un an, selon le site, ce qui a conduit le gouvernement à suspendre les exportations de viande bovine pendant un mois à la mi-mai.

Au Nigeria, l’inflation due à une forte hausse des prix des denrées alimentaires a fait basculer environ 7 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté, selon la Banque mondiale.

Un précédent en 2008-2009

Abdolreza Abbassian, économiste, n’a pas l’impression que les pays sont mieux préparés à la volatilité des prix alimentaires qu’il y a dix ans : Les mêmes pays qui ont été confrontés à des émeutes et à l’instabilité politique peuvent se retrouver dans la même situation : se réveiller un matin avec des prix qui ont augmenté très rapidement.

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Pourtant, ce n’est pas comme il y a dix ans où l’on pouvait clairement désigner les prix alimentaires comme la principale cause de mécontentement, note-t-il. Il y en a beaucoup d’autres, notamment politiques.

Les pays riches doivent s’attendre à des soulèvements dans certains pays, dit-il. Cela peut se produire en Afrique, en Amérique latine, en Asie. Le mécontentement est généralisé, explique l’économiste à l’AFP.


Pierrette Rajaonasy

J'adore particulièrement toutes les actualités people et les séries Netflix, deux sujets pourtant diamétralement opposés que l'on retrouve sur ce magazine francophone ! Je partage donc mon opinion assez régulièrement dans mes articles sur le site.