Évasion fiscale : Londres entame une chasse aux sorcières

Le Royaume-Uni, symbole originel de la révolution industrielle en Occident, annonce l’amorce vers une plus grande égalité fiscale. Le gouvernement britannique s’attaque à la transparence des banques, à l’évasion fiscale, aux prix de l’immobilier, en vue d’un nouvel équilibre économique et social. 

 

Le gouvernement britannique est parvenu à ramener la courbe du chômage à 6% contre un taux de chômage français en progression de +0,2 point par rapport au 2e trimestre, à +9,9%. Photo : London Marked on Map (DR)

 

En 2015, le Royaume-Uni apportera-t-il une réponse concrète aux cris des plus démunis ? Baisse des taxes immobilières, augmentation de la fiscalité de l’entreprise, chasse à l’évasion fiscale, après un taux de chômage ramené à 6%, l’Etat s’est engagé, mercredi 3 décembre, à augmenter les taxes des établissements bancaires, des multinationales, des firmes high tech, et des résidents étrangers fortunés, à l’occasion du traditionnel discours budgétaire d’automne.

 

Les citoyens britanniques dénoncent une «épuration sociale» : «Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée ne sont plus entendus au banquet des banquiers», chantait Brigitte Fontaine. Une pétition destinée à lutter contre la surfacturation abusive des loyers par un cartel de corporations étrangères, organisée par les habitant d’un quartier de Londres en novembre dernier, a regroupé plus de 300000 signatures. La mesure la plus rentable – sans doute la plus redoutée – devrait concerner l’augmentation de la fiscalité des réseaux bancaires. Un profit évalué à un milliard d’euros par an, destinées aux caisses du Trésor. Au delà de la révolution, la réforme résonne comme un choc dans le milieu de la finance internationale. Sur le sol britannique, les acteurs financiers étaient habitués à déduire les pertes de l’année précédente de leur déclaration fiscale.  Ainsi, «Certaines banques ne vont pas payer d’impôts pour quinze et vingt ans», s’est insurgé George Osborne, le chancelier de l’Echiquier. Désormais, le montant des pertes déductible sera plafonné.

 

 «Une sorte de taxe Google»

 

Un impôt supplémentaire dont la mécanique ne parait pas encore totalement établie, sensé rapporté 400 millions d’euros supplémentaires au gouvernement, selon l’estimation du Trésor, permettrait de taxer 25% des bénéfices réalisés au Royaume-Uni par les entreprises étrangères, «artificiellement transférés dans un autre pays». Une technique fréquemment employée par de puissants groupes tels que Google ou Amazon parmi les structures les plus visibles du monde des affaires. D’après les observations de George Osborne, de nombreuses firmes étrangères enregistrent «une forte activité économique» sur le territoire britannique, sans pour autant payer le montant de l’impôt proportionnel, au motif d’une fiscalité aménagée jusqu’à présent en faveur d’une philosophie néo libérale.

 

À Londres, pour obtenir les faveurs fiscales du Trésor, prévoir 115 000 euros par an

 

Du côté des grandes fortunes bénéficiant d’un statut «non-domicilié», elles ne sont généralement redevables d’un impôt que pour les sommes rapatriées sur le territoire britannique. Un avantage garanti par le versement d’un forfait fiscal annuel, fixé à 60 000 euros par an. Le gouvernement britannique prévoit une hausse de ce forfait fiscal à 115 000 euros. Pour l’heure, cette mesure n’est envisagée que dans le cadre de résidents étrangers possédant une activité au Royaume-Uni, depuis dix-sept ans ou plus. Un tour de magie pour le moins diplomatique, probablement progressif et malléable dans le temps, destiné à ne pas geler l’intégralité des investissements étrangers sur le territoire anglais.

 

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London Calling © Evelina Kremsdorf

 

Ecrit par :

Marion Calviera 

© PAM 2014 

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