Emmanuel Macron mal : cette rencontre à l’Elysée qui dérange ! un scandale.

L'Élysée persiste et signe. Ce jeudi 28 juillet, Emmanuel Macron, tout juste rentré d'une tournée africaine, reçoit Mohammed Ben Salman, le prince héritier d'Arabie saoudite. Anodine sur le papier, cette rencontre crée une vive polémique en raison de l'assassinat, en octobre 2018, du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie. Selon un rapport de la CIA commandé par Joe Biden, dont les conclusions ont été rendues publiques en février 2021, le vice-Premier ministre saoudien a approuvé ce meurtre, commis par un commando censé être sous ses ordres.

Après avoir passé quelques jours sur le continent africain, Emmanuel Macron est de retour à Paris. Ce jeudi 28 juillet, le président a reçu à l’Élysée un prince étranger dont les agissements passés ont scandalisé. Explications.

Hatice Cengiz, qui devait épouser le journaliste tué au consulat saoudien d’Istanbul il y a près de quatre ans, a exprimé sa colère et son malaise face à cette rencontre entre Emmanuel Macron et MBS (Mohammed ben Salmane) dans un communiqué en français, diffusé jeudi par l’AFP. Je suis outrée et choquée qu’Emmanuel Macron reçoive le bourreau de mon fiancé avec tous les honneurs, a-t-elle écrit, quelques heures avant l’événement.

emmanuel macron elysée

La flambée des prix de l’énergie due à la guerre en Ukraine ne peut justifier d’absoudre le responsable de la politique saoudienne à l’égard des opposants politiques, qui conduit à leur mort, comme ce fut le cas pour Jamal, au nom d’une soi-disant realpolitik, a-t-elle ajouté, en référence à la déclaration d’Elisabeth Borne, qui justifiait en partie le dîner des deux chefs d’État par la guerre ukrainienne et ses répercussions sur les prix de l’énergie.


Le Premier ministre a insisté sur le fait que cette rencontre ne signifiait pas mettre de côté nos principes ou remettre en cause notre engagement en faveur des droits de l’homme.

Emmanuel Macron évoquera la question des droits de l’homme avec MBS


L’Élysée a ensuite précisé qu’Emmanuel Macron évoquerait la question des droits de l’homme avec son interlocuteur lors de sa rencontre avec son homologue, dont c’est la première visite officielle depuis le meurtre de Jamal Khashoggi.

Après avoir dans un premier temps nié la mort de Jamal Khashoggi, affirmant qu’il avait quitté le consulat vivant, l’Arabie saoudite avait en effet fini par reconnaître, le 20 octobre 2018, que le journaliste du Washington Post, connu pour son opposition au pouvoir saoudien, avait été tué avec préméditation à l’intérieur du consulat. Le tout sans évoquer une seule fois l’implication du prince héritier.

 

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Mohammed Ben Salman, dit MBS, est depuis quelque temps mis à l’écart par la communauté internationale en raison des multiples accusations dont il fait l’objet. Il voit dans cette rencontre l’occasion de redevenir un allié de poids pour l’Europe.

Emmanuel Macron : le modéré de gauche qu’il a choisi comme bras droit

En débutant la présidence française de l’Union européenne samedi 1er janvier, Emmanuel Macron met sur le devant de la scène un de ses ministres resté plutôt discret jusqu’à présent, mais qui va enfin avoir son heure de gloire, Clément Beaune. Depuis juillet 2020, il est secrétaire d’État aux Affaires européennes.

Dans cette nouvelle aventure, il sera l’un des principaux alliés du chef de l’État. J’ai envie de croiser le fer, de débattre, d’apporter ma pierre à l’édifice, confie dans Le Monde ce samedi 1er janvier, l’homme politique de 40 ans qui semble avoir le bon profil pour remplir parfaitement cette mission et l’accompagner comme il se doit.

Je n’aime pas trop cette image du bon élève. Peut-être parce que je le suis.

 

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Je préfère le bon soldat, explique celui qui devrait notamment aider le Président à rédiger le discours qu’il prononcera devant le Parlement européen le 19 janvier prochain.

En coulisses, Clément Beaune révèle un autre visage et serait l’un des seuls à tenter de ramener Emmanuel Macron à sa gauche, en vue d’une éventuelle nouvelle candidature à l’élection présidentielle. Il ne faut pas oublier qu’avant de rejoindre La République en marche, l’ancien énarque était socialiste.

Le secrétaire d’État plaiderait pour que cette éventuelle campagne soit plus rassurante que de rupture et tournée davantage vers la jeunesse et l’éducation.

Il craint également une forte abstention de la gauche si un éventuel face-à-face Macron-Pécresse a lieu en avril prochain.

Il faudra convaincre cet électorat que nous ne sommes pas un LR mou, affirme celui qui n’a jamais oublié ses racines politiques, issues de la gauche modérée, dans les colonnes du Monde.

 

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Un ancien collaborateur de Jean-Marc Ayrault

En 2011, il a été une petite main dans la campagne de François Hollande, qu’il a soutenu car il était, selon lui, le seul capable de créer l’unité à gauche.

Conseiller budgétaire de Jean-Marc Ayrault à Matignon, il était moins fan de son successeur, Manuel Valls. Je n’ai pas aimé sa forme de brutalité, de dureté dans son discours. Je suis un modéré indécis, confie-t-il dans les colonnes du Monde.

Emmanuel Macron

Jean-Marc Ayrault lui rend son affection et sa fidélité. Il est fier d’avoir pu s’imposer à ce point à l’actuel chef de l’État sans lui marcher sur les pieds.

Par définition, ce n’était pas évident, car un ministre des Affaires européennes est toujours pris entre le domaine réservé du président de la République et l’autorité du ministre des Affaires étrangères, analyse l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont il est resté proche.