Blanche Gardin mal, son passé trouble refait surface !

Mais si tout semble aller pour le mieux pour elle aujourd'hui, il fut un temps où la compagne de Louis CK traversait une période difficile. En effet, le parcours de Blanche Gardin a été semé d'embûches. En février dernier, elle s'est confiée dans les colonnes du Figaro sur les moments les plus compliqués de sa vie.

Interviewée, Blanche Gardin a évoqué sa jeunesse avec les punks à chiens dans les rues de Naples en Italie, elle dévoile tout !

A 18 ans, j’ai fugué et pendant quelques mois, j’ai vécu avec des punks à chiens dans les rues de Naples. Mais en aucun cas je n’ai subi cette situation, j’ai quitté la maison volontairement. En restant près de ma famille, je n’aurais pas pu être totalement libre. J’avais besoin d’une grande rupture. Quand je suis revenue de Naples, j’avais les cheveux roux jusqu’aux fesses et des piercings partout révèle Blanche Gardin.

blanche gardin couple

Face à cette situation, le père de Blanche Gardin a pris une décision radicale. Il a quitté son emploi de professeur de linguistique pendant quelques jours pour retrouver sa fille. Sans hésiter, il fait ses valises et se rend en Italie où il espère la ramener avec lui. Après une longue discussion, l’actrice accepte. Au grand soulagement de sa famille. Le comédien ajoute : Six mois plus tard, mon petit ami napolitain, héroïnomane, est mort d’une overdose. C’était une période de grand chaos.

Malheureusement, les coups durs allaient s’accumuler. Quelques années plus tard, le père de la jeune femme meurt d’un cancer à l’âge de 62 ans. Peu de temps après, elle apprend également qu’elle est stérile et doit faire le deuil de sa maternité. Internée dans un hôpital psychiatrique, Blanche Gardin écrit son tout premier spectacle. Un one-woman-show qui marque le début d’une brillante carrière.

blanche gardin enceinte

La meilleure version de moi-même : une critique pas tout à fait Blanche sur Canal+.

Et si l’autodérision avait une influence sur la santé (et les selles) des humoristes ? C’est le point de départ de ce documentaire factice de la comédienne Blanche Gardin, qui retrace son adieu au stand-up et son désir de mieux prendre soin d’elle. Au programme : Instalives, groupes de discussion féministes, chamanisme et médecine new age. Avec La meilleure version de moi-même, l’actrice signe une mini-série Canal+ hilarante (quoiqu’un peu longue) sur l’absurdité et le narcissisme de notre époque.

PETER, VOUS ÊTES TOUS PÂLES

blanche gardin louis ck

Aucun fan de Blanche Gardin ne sera surpris : la série commence par une série de blagues scatophiles. Chaque fois qu’elle quitte la scène (vous reconnaîtrez l’étrange robe bleue de son spectacle Bonne nuit Blanche, disponible sur Netflix), l’actrice souffre de constipation et de coliques intenses.

Les conseils avisés des médecins (qui déplorent le stress chronique) ne lui suffisent plus. Elle va consulter un naturopathe et son diagnostic est clair : à force de se déprécier sur scène, la comédienne est accablée de nombreux maux et ne peut plus tenir le coup. Les choses devaient changer et elles allaient changer radicalement.

blanche gardin nue

L’actrice décide de faire une pause complète, de démagnétiser son eau, de changer son régime alimentaire (plusieurs fois) et de faire la paix avec ses anciens détracteurs essentiellement les jeunes féministes qu’elle offense à chacun de ses propos. Tout cela, bien sûr, est documenté à la fois par la caméra à l’épaule d’un mystérieux Boris, qui filme Blanche dans chacune de ses expériences, et bien sûr, par une série de live streams Instagram de plus en plus ridicules.

Pour bien comprendre la série, il faut sans doute avoir en tête les discours de Blanche Gardin aux Césars 2017, puis aux cérémonies des Molières en 2017, 2018 et 2019. En 2018, elle a d’ailleurs reçu le précieux Molière de l’humour (pour la première fois), un Molière qu’elle s’est attribué en se moquant d’un effort de discrimination positive après la vague #MeToo.

blanche gardin spectacle

La meilleure version de moi-même s’inscrit dans la droite ligne de ce discours : Blanche Gardin veut tourner la page de l’humour noir qui a fait son succès – et comme toujours, c’est sacrément drôle. Sa volte-face atteint son paroxysme lorsqu’elle jette ses deux trophées dans un feu de joie, un nouveau doigt d’honneur aux convenances.

Tous les thèmes qui ont fait son succès sont présents : l’humour noir et dépréciatif, l’absence de filtre lorsqu’elle parle de ses fluides corporels et, bien sûr, la critique acerbe d’une société qui a parfois tendance à marcher sur la tête. Entre deux blagues sur la constipation, elle pourfend les conspirationnistes, les féministes qui rabaissent les autres femmes, la victimisation omniprésente de tous et la tentation de la censure.

L’HUMOUR EST LA SEULE CHOSE QUE VOUS SAVEZ FAIRE !

film blanche gardin

Snap ! Lorsque Blanche annonce à sa famille son retrait de la scène comique, sa mère l’envoie immédiatement dans les fleurs. Faire rire les gens est peut-être la seule chose que Blanche Gardin sait faire, et c’est tant mieux. Chacune de ses apparitions comiques est brillante (rappelez-vous l’excellent Effacer l’histoire) et cette série ne fait pas exception.

En tant que scénariste, elle retrouve son collègue Noé Debre (Parlement, Problemos) et leur collaboration est évidente. La série est extrêmement bien écrite, avec juste ce qu’il faut de crasse et de sous-texte politique. Digne du meilleur stand-up.

On sait que la comédienne Blanche Gardin n’a pas vraiment la cote auprès des féministes. Après avoir lancé un bon tacle appuyé à Roman Polanski lors de son premier discours aux César, elle s’est beaucoup moquée du mouvement #MeToo et de ses dérives. Tout en faisant mine de faire amende honorable, elle s’enfonce de plus en plus dans le politiquement incorrect et met en avant l’absurdité ambiante (si l’on défend la libération des femmes, doit-on licencier sa femme de ménage pour la libérer).

Au fil de la saison, l’actrice devient complètement folle et adhère aux thèses de tous les charlatans à la mode. Le propos prend une autre dimension : il ne s’agit pas seulement de régler des comptes, l’actrice part en croisade contre le nombrilisme et la bêtise.

Blanche Gardin est la seule star à bord. Les fans inconditionnels seront ravis de découvrir le visage de Maïa Sandoz (sa réalisatrice, qu’elle cite régulièrement), mais tous les autres protagonistes entrent, servent leur blague et repartent. Tous sauf un. Seul un personnage secondaire est légèrement étoffé (bien qu’il n’apparaisse presque que derrière un écran d’ordinateur) : il s’agit de l’humoriste américain Louis C.K. (aujourd’hui en disgrâce après une affaire d’exhibition sexuelle).

Dans la vie réelle, les deux humoristes forment également un couple ; ils se sont rencontrés après que Blanche l’a remercié pour son inspiration lors de son discours aux Molières. Dans le spectacle, il joue un amant à distance, coincé à New York, qui voit sa petite amie devenir un véritable marteau et se plier à tous ses caprices. Blanche Gardin est assez discrète sur sa relation avec son modèle et cette série a de quoi satisfaire les vrais intellos du stand-up.

Il faut également souligner l’intelligence de la mise en scène : Boris et sa caméra tremblante, les jeux constants avec le quatrième mur, les références constantes au narcissisme de Blanche. Le faux documentaire est un genre parfaitement adapté à son style d’humour.

FAUT-IL CULTIVER SA GARDE ?

Banche Gardin

Le fait est que la série est certainement beaucoup trop longue pour son propre bien. Après six épisodes, la série commence à traîner un peu et la caricature qui faisait le génie des premiers épisodes s’essouffle. Les deux épisodes consacrés aux groupes de discussion féministes sont encore très drôles, mais ils accumulent une pléthore de clichés faciles. Blanche Gardin joue une sorcière new age moralisatrice, un rôle qui rappelle celui qu’elle s’était écrit dans Problemos d’Eric Judor. Bis repetita.

Le dernier épisode se termine par une cérémonie de mariage totalement improbable : après avoir décidé de ne se nourrir que de lumière, Blanche décide de se marier elle-même devant sa famille et son compagnon. Alors que Blanche part singer une séance de photos de mariage, les invités s’affolent.

Quelques minutes plus tard, Blanche Gardin est de retour dans un hôpital psychiatrique. C’est peut-être le bémol de la série : même si la scène est complètement absurde et drôle, on aurait préféré voir l’actrice remonter sur scène plutôt que de dépérir complètement. La folie est-elle une fatalité ?

La meilleure version de moi-même

Cette scène finale, bien que déstabilisante, sert son propos : à force d’excès, d’hypocrisie et d’individualisme, nous nous lançons tous dans une course effrénée vers la folie. Et si, finalement, la seule véritable thérapie contre le stress et la constipation, contre la radicalité et le repli sur soi, était le rire ?

La meilleure version de moi-même avec Blanche Gardin est disponible dans son intégralité sur MyCanal depuis le 6 décembre.