Méfiez-vous de l’arnaque à la baguette qui sévit chez les boulangers ?

Le quotidien régional, qui a eu l'occasion d'interroger l'une des victimes de ces malfaiteurs, relate les propos des escrocs sur l'arnaque à la baguette.

Des boulangers ont tiré la sonnette d’alarme sur une arnaque à la baguette qui sévit en France depuis plusieurs mois. Explications.

La grande arnaque ! Vous devrez produire tant de baguettes par jour et nous viendrons les chercher pour les livrer, assure l’interlocuteur au bout du fil.

Un chèque de 3 900 euros pour couvrir les frais administratifs

arnaque baguette

Seulement voilà : pour finaliser le contrat et l’arrangement entre la société et le boulanger, les escrocs font appel aux artisans pour cette arnaque. Un chèque de 3 900 euros. Une somme qui correspondrait aux frais de dossier et de préparation, en leur disant qu’en contrepartie, ils recevraient un chèque bancaire certifié à déposer à la banque, selon Christian Martin, vice-président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF).



Une fois que les boulangers victimes de l’arnaque ont envoyé le chèque, la machine est lancée. La centrale d’achat alimentaire, qui s’avère totalement inexistante, encaisse les frais de dossier extrêmement élevés payés par le boulanger.

Le chèque reçu en retour par l’artisan s’avère être un faux. Christian Martin raconte la triste histoire d’un boulanger qui espérait voir son entreprise se développer et prospérer grâce à cette opportunité. Il avait même acheté pour 5 000 euros de matériel en prévision de ce projet, qui s’est avéré inutile. Un boulanger ardéchois a déjà porté plainte.

 


Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Sina Safavi (@sina_bread)

Fausses arnaques au transfert d’argent : les techniques farfelues des fraudeurs

Usurpation d’identité, piratage informatique, manipulation mentale. Les mafias de la délinquance financière utilisent différentes techniques pour vous soutirer de l’argent.

C’est un peu comme le Canteloup avec une touche d’arnaque. C’est ainsi que Jean-Jacques Latour, responsable de l’expertise du système Cybermalveillance.gouv.fr résume les nouvelles activités des organisations criminelles. Car les criminels profitent de la crise sanitaire pour mettre en place de nouveaux types d’escroqueries.

Un phénomène, découvert par le FBI, est en pleine expansion depuis le printemps dernier : la deepvoice. Ce logiciel, qui permet de se faire passer pour le président d’une société ou un employé, est utilisé pour extorquer de l’argent aux entreprises. Les escrocs persuadent un employé d’effectuer un transfert d’argent urgent. Les dégâts sont énormes !

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Ramona Obrador (@ramonaobrador)

Arnaque au transfert d’argent : les méthodes utilisées

Aux États-Unis, comme en France, les services de criminalité financière de la police judiciaire sont en première ligne. En 2020, les escrocs ont multiplié les techniques d’arnaque : usurpation d’identité, piratage informatique et manipulation mentale, escroquerie au faux ordre de virement (FOVI)…. Au total, les entreprises et les collectivités ont été spoliées de 114 millions d’euros l’an dernier, contre 89 millions en 2019, selon les données de la police judiciaire française.

La tendance est à la hausse depuis 2017. Ces derniers mois, les escrocs se sont adaptés à la pandémie et profitent de l’essor du télétravail, explique au Figaro Thomas de Ricolfis, directeur adjoint de la lutte contre la délinquance financière. Avec la démocratisation du télétravail, les signaux d’alerte disparaissent.

Qui se cache derrière les arnaques aux faux transferts d’argent ?

De la petite PME au grand groupe du CAC 40, aucune entreprise n’est épargnée. En effet, en moyenne, cinq entreprises par semaine contactent le site de cyber-malveillance pour ces incidents.

Les organisations criminelles étudient les entreprises, utilisent les réseaux sociaux pour identifier les salariés ciblés, savoir quels sont leurs métiers, et comment mettre en œuvre leurs techniques de persuasion, explique Thomas de Ricolfis au quotidien économique. En France, ce sont souvent les mafias franco-israéliennes de la criminalité financière qui sont à l’origine de ces pratiques.

La France travaille en étroite collaboration avec les autorités israéliennes sur le plan judiciaire. Les collectivités et les entreprises de leur pays sont également concernées, ajoute Jean-Jacques Latour.

Mais il existe aussi des groupes qui opèrent depuis l’Afrique.

Comment éviter ces arnaques ?

Faux virements : les missions de prévention se multiplient

Afin d’alerter les entreprises sur cette arnaque, les missions de prévention se multiplient. En effet, le 8 mars dernier, Thomas de Ricolfis et le commandant Thierry Pezennec sont intervenus lors d’un webinaire destiné aux adhérents du Medef.

arnaque

La sensibilisation des entreprises et le partage d’informations avec la police judiciaire sont cruciaux dans la lutte contre ce véritable fléau économique. D’autant que le mode opératoire des groupes criminels évolue constamment, explique au Figaro Patrick Martin, président délégué du Medef.

On vous demande d’effectuer un virement ? Vérifiez l’e-mail et le numéro de téléphone ou demandez une double signature.