Anne-Cécile Ratsimbinson: une styliste aux doigts de fées

Face à la maladie, grâce à la marque "Sweet", Anne-Cecile Ratsimbinson adapte le style. Crédit photo: David Delaporte
Face à la maladie, grâce à la marque "Sweet", Anne-Cecile Ratsimbinson adapte le style. Crédit photo: David Delaporte

Anne-Cécile Ratsimbinson n’est pas une simple styliste. Elle a eu une idée innovante, allier la mode et le confort avec le médical grâce à sa marque, Sweet. Grâce à elle, il est désormais possible de porter un corset, une pompe à insuline ou une prothèse tout en ayant du style et en étant à l’aise.

 

Dans son atelier, Anne-Cécile découpe, dessine et assemble des vêtements sur- mesure. Ses clients la connaissent non pas par passion de la mode, mais, parce qu’ils souffrent de pathologies visibles qui handicapent leur quotidien et contraignent leur façon de s’habiller. Pour les aider à affronter cette gêne, la jeune créatrice s’est lancée dans le stylisme médical.

 

Des difficultés médicales

Une scoliose diagnostiquée à l’âge de 19 ans oblige cette Niçoise à porter une coque rigide en guise de corset qu’elle dissimule sous ses habits. Une fois ses études d’art et de mode terminées, elle remporte un premier concours international de jeunes créateurs.
Son médecin lui souffle alors l’idée de lier sa passion au médical en adaptant les vêtements aux malades. Passionnée, elle a alors la conviction que si les patients trouvent du prêt-à-porter plus confortable et esthétique, ils supporteraient plus facilement leurs prothèses. «Les jeunes filles ne veulent pas toujours porter un corset jugé trop disgracieux. Pour les convaincre, c’est toujours plus facile s’il devient invisible en le personnalisant.»

Pendant plus d’un an, Anne-Cécile Ratsimbason passe une journée par semaine dans un cabinet médical. Elle écoute les adolescents qui re fusent de se soigner, car «c’est moche» et que «c’est la honte». Elle poursuit son idée et commence sa collection sur-mesure en ajustant des pantalons, des emmanchures, pour créer des tenues allégées: «une maladie ne touche pas seulement une personne, elle touche son foyer. Bien se vêtir est indispensable pour la personne et son entourage». Elle lance son entreprise en 2015 et amplifie son champ de recherche à d’autres handicaps. Une quinzaine aujourd’hui. Elle fait du sur-mesure pour tous les âges, mais pas que. Depuis peu, elle standardise les vêtements ayant la même pathologie, comme par exemple, une pompe à insuline à dissimuler ou une prothèse mammaire.

 

 

À la rencontre des médecins européens

Et quand elle ne confectionne pas, elle part rencontrer à travers toute la France et l’Allemagne des médecins, présente ses services aux hôpitaux, congrès médicaux et associations. Elle travaille aussi avec des réseaux de distribution et sur internet pour développer et faire connaître son concept. «J’ai compris qu’un vêtement sur-mesure pouvait tout changer. Cela aide les gens à mieux vivre avec leur pathologie.» Pour information le tarif d’un vêtement est d’environ varie entre 75 et 140 €. Il comprend le dessin du patron (70 €) et la confection (70€). Récemment, la jeune créatrice a mis en place un système d’abonnement où il suffira de payer uniquement la confection du vêtement.

 

Propos recueillis par Laura Cohen

SPACE: Maars Atacama’s Journey

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